Catherine LEVRAUD, tête de liste « Alliance Démocrate et Écologiste au Centre avec François Bayrou »
pour les élections Régionales de Mars 2010 en Provence Alpes Côte d’Azur
8 MARS 2010
La journée des femmes… rien que ce singulier suffit à faire grincer à nombre d’entre nous « Et les 364 autres jours, ils sont donc pour les hommes ? »
Eh bien oui et non, ça dépend un peu de ce que nous en faisons. Je vous propose de partager ma réflexion personnelle sur l’engagement des femmes en politique.
La femme moderne est au centre d’un tourbillon d’activités. A la fin de la journée elle est fatiguée, par l’art difficile de passer sans cesse d’une tâche à l’autre en voulant toutes les réussir. Une fois par an, au moins, elle a l’occasion de prendre un peu de recul même si ce qu’elle voit n’est pas forcément très agréable à regarder.
Elle sait que le statut de la femme est l’aboutissement d’un long processus, et qu’au cours des âges elle a tant dû mendier qu’elle craint toujours de devoir encore le faire. Où s’arrête-t on de mendier et où commence-t on à négocier, pour la nourriture, et le droit à l’obtenir, le travail, et le droit à gagner sa vie, la maternité, et le droit de la choisir, le droit de choisir son époux ou de ne pas en avoir, le droit de montrer sans voile la beauté ou la banalité de son corps, sans complexe ?
Elle voit les gamines qui croient que le droit à la contraception et à l’IVG sont gravés dans le marbre, ou que le prince charmant existe, bien loin de l’école. Elle voit celle qui s’échine, qui mendie ou tapine pour un autre, celle qui se drogue, elle voit la femme voilée qui suit son chemin étroitement balisé, la femme-corps tenue de rester jeune, l’exécutive woman qui fait peur aux hommes, la mère de famille transparente, la femme qui réussit et qu’on diffame, la femme battue, un peu, beaucoup, la vieille femme indigente… elles aussi sont fatiguées à la fin de la journée, fatiguées par le manque d’estime, la soumission, l’exploitation, l’ignorance, l’angoisse du lendemain.
Toutes ces femmes, c’est un peu elle, et ces statuts de femmes la troublent bien au-delà des 12% de femmes à l’Assemblée ou des 25% de salaire en moins à diplôme égal, ou du non-partage des tâches ménagères.
Le principe dit que l’émancipation des femmes est un droit. Je rajouterai que de plus il s’agit de l’assumer sans paresse, comme un devoir, chacune à son niveau, pour toutes celles qui le peuvent afin de ne pas abandonner toutes ces autres sur le côté de la route.
Et c’est pourquoi l’engagement en politique des femmes, s’il n’est pas suffisant, est nécessaire. Il mérite que les femmes s’y lancent, et que là encore elles le fassent sans naïveté, et sans se laisser exploiter, et en exigeant le respect car c’est une noble tâche.
Les femmes sont souvent bridées dans leurs engagements par des principes comme: « l’ambition, la lutte acharnée pour les places, la réussite ne sont pas faites pour les femmes », ou comme « il le fera tellement mieux » ou pire « il en a tellement plus envie que moi » ou le top « j’ai trop à faire déjà ».
Certaines n’ont pas de mal à passer outre. Pour toutes les autres, je propose de se pencher sur des équivalents positifs : « l’ambition collective c’est bien pour tout le monde », « la juste représentation des électeurs et des habitants nécessite la parité des sexes », « cherchons les points de convergence, et pour cela mettons à plat les points de divergence », « la volonté d’aboutir n’est pas synonyme de grosse tête », « on ne se dispute pas, on discute », « il en a envie, mais chacun son tour », « s’il a appris à le faire, je peux apprendre », «on ne dit pas perdre du temps mais accorder du temps »et vous en trouverez bien d’autres…
Faire de la politique est une tâche utile et extraordinairement créative. Cela donne une ouverture sur le monde, qui mène à la compréhension ; mais c’est aussi source de frustrations car on ne peut jamais faire tout ce que l’on souhaiterait. Aussi la résistance à la frustration, bien plus que la patience, est pour moi la première qualité utile en politique. Il se trouve que la plupart des femmes en sont bien pourvues… grâce à leur parcours de vie bien souvent.
Alors, que les femmes s’engagent !
Qu’elles choisissent avec soin dans quel mouvement elles le feront, et qu’elles s’intéressent aux valeurs du Mouvement Démocrate : l’humanisme qui cherche toujours à mettre l’humain au cœur des préoccupations, la recherche de consensus, la volonté d’avancer sans affrontements stériles, la recherche d’équilibre, la préoccupation des générations futures.
Toutes ces valeurs méritent amplement l’engagement des femmes, ainsi que de tous ceux qui s’intéressent à une pratique apaisée mais efficace de l’action politique, et qui sont nombreux, plus qu’on ne le croit, dans les rangs masculins.
Pour ces élections régionales, nous mettons à l’honneur l’engagement féminin, et avons choisi 3 femmes comme têtes de listes départementales (05 : Marie Leprevost, 83 : Nathalie Bicais, 13 : Catherine Levraud), soit la parité, et en tête de liste régionale : Catherine Levraud.
Soutenir un mouvement c’est d’abord voter pour lui, ensuite y adhérer. Le 8 Mars, journée internationale des femmes, pensez aussi aux 14 et 21 Mars, journées électorales, votez pour nous, et tous les autres jours, militez, adhérez !
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P.S. Je ne résiste pas à en profiter pour vous faire partager le plaisir d’une bonne lecture : « femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola Estés (au Livre de Poche), ouvrage roboratif sur les mythes des femmes « sauvages » c’est-à-dire non bridées. A commencer un 8 Mars !










